Échange avec: Julie Bind / Auteure

L'auteure

Pour cette nouvelle interview littéraire sur le site « Les lectures de Florian Allain » je suis heureux de vous présenter Julie BIND, la lauréate du Prix des Lecteurs 2019 de France Loisirs.

Son 1er roman édité “Tombent les rois” est un thriller psychologique dont l’intrigue se déroule à Tours. Angélina Delcroix, auteure et marraine du Prix des lecteurs le décrit comme “terriblement ingénieux et mené d’une main de maître…”

Je vous invite à la découvrir grâce à ce sympathique échange que j’ai le plaisir de partager avec vous !

Interview

Bonjour Julie, merci de m’accorder cet entretien et espère que vous allez bien.

Pour commencer, dites-nous qui est Julie Bind ?

Et bien… C’est moi !

J’ai 46 ans quelques jours encore et à peu près toutes mes dents.

Qu’est-ce qui vous a incité ou donné l’envie de devenir écrivain ?

Bonne question, je ne me la suis jamais posée ! Sand doute les lectures de mon enfance parce que je savais à peine écrire que j’écrivais mes premiers « mistères ». Probablement une émotion suscitée par les « Club des cinq » d’Enid Blyton que j’essayais de reproduire. Après, l’émotion a été nourrie par des milliers de livres et de talents…

Vous avez la passion des mots, de la lecture mais aussi des chevaux… Racontez-nous cette belle passion !

J’ai découvert les chevaux vers l’âge de 11 ans et ce sont des animaux remarquables. Toutefois, je reprends votre formulation dans ce qu’elle a d’exact : j’ai la passion des chevaux. Pas forcément de l’équitation, surtout dans ce qu’on en voit le plus souvent.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas, quel est votre style d’écriture littéraire ?

Tombent les rois est un roman policier. Ou un thriller ? Je ne sais pas bien où est la limite entre les deux. Je vais dire roman policier.

Votre métier de journaliste vous ouvre-t-il des portes ou vous inspire-t-il pour l’écriture de vos romans ?

Pour l’ouverture de portes, non, malheureusement.

Après oui, mon métier est source d’inspiration indirecte – je pense que n’importe quel métier l’est. Comme tous ceux qui écrivent, j’imagine, je suis une éponge. Journaliste en province, je fais des reportages locaux très divers, je passe d’une boutique qui vend des produits en vrac à un agriculteur converti au bio, d’un ébéniste qui créé des lampes à une entreprise qui veut réintroduire la culture du cornichon en France, d’un ancien plombier au talent fou devenu artisan d’art qui imagine de fascinants animaux en métal au portrait d’un chocolatier ou d’une viticultrice…

Mon métier me met en contact permanent avec des personnes de toutes professions, de tous âges, de tous milieux, ce qui est très bon pour mon éponge. Tout est inspiration. Un mot, une expression de visage, une anecdote de vie, un bonnet dans des cheveux blancs, un tic, le soleil qui se lève au-dessus d’un champ de poireaux… Tout. Je me sers de tout.

Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme, comme dirait Lavoisier.

Quels sont les auteurs, les lectures qui peuvent vous inspirer et que nous conseilleriez-vous de lire actuellement ?

Alors… J’espère que vous avez du temps devant vous… J’ai une culture littéraire très américaine, je ne sais pas pourquoi, mais mes auteurs favoris sont majoritairement américains ou anglo-saxons.

Je ne rate pas un livre de John Irving, Paul Auster, Louise Erdrich ou Jonathan Franzen. J’essaie de suivre le rythme effréné des sorties des romans de l’incroyable Joyce Carol Oates, j’adore Siri Husdvedt, Jim Harrison, Toni Morrison. J’ai récemment dévoré la sublime trilogie de Jim Fergus qui commence avec Mille femmes blanches. J’ai découvert l’an dernier la subtile écriture de Jesmyn Ward avec Le Chant des revenants.

Côté polar, je vénère Robert Crais et Michael Connelly, sinon je mets le cap vers l’Europe avec des auteurs comme Lars Keppler, Stieg Larsson, Arnaldur Indridason, Henning Mankell, Jo Nesbo, Elizabeth George, Val Mc Dermid ou Ian Rankin…

Mes coups de cœur dans la catégorie « polar littéraire » vont à RJ Ellory (en tête : Seul le silence, mais tous ses livres sont exceptionnels) et à Tom Franklin dont je viens de lire Le Retour de Silas Jones.

Mes coups de cœur hors catégorie vont à Faillir être flingué de la Française Céline Minard, à l’Australien Steve Tolz pour l’extravagant et brillantissime Une Partie du tout et à l’Italienne Goliarda Sapienza pour son immense roman posthume L’Art de la joie. My Absolute darling du bien nommé Gabriel Talent est aussi un livre époustouflant, mais très dur, à ne pas mettre entre des mains trop sensibles.

J’ai bien évidemment oublié plein plein plein d’auteurs et je vais m’en vouloir affreusement…

Maintenant, parlons de vos romans si vous le voulez bien… Vous avez écrit un roman pour enfant « Le gentil méchant loup » illustré par Michaël Derullieux qui a été traduit en plusieurs langues. Expliquez-nous ?

Il s’agit d’un album pour enfants.

Le soir, quand mes enfants étaient petits, je leur lisais quelques histoires avant d’éteindre la lumière. Comme le savent tous les parents, les enfants trouvent toujours une raison (ou deux, ou trois ou quatre…) pour retarder le moment fatidique où ils se retrouvent seuls. Ils recourent à plein de techniques très élaborées, le verre d’eau, le dernier tour aux toilettes, le mouchoir, le doudou égaré… Et le célèbre « encore une histoire ! ».

Alors pour éviter de rallumer la lumière, je leur en inventais une et je la développais de soir en soir. Un jour, j’ai couché sur papier ces histoires et je les ai envoyé aux éditeurs des livres favoris de mes enfants. Mijade a répondu très vite. Quand ils m’ont annoncé qu’ils avaient choisi Michaël pour illustrer, ça a été la cerise sur le gâteau. Mes enfants raffolaient du Loup magicien, un livre qu’il a illustré.

Le Gentil méchant loup a gagné un prix et il est aujourd’hui traduit en neuf langues (néerlandais, russe, allemand, danois, catalan, espagnol, coréen, chinois et slovène). C’est incroyable.

Votre 2e roman « Tombent les rois » aux Éditions Nouvelles Plumes était en exclusivité chez France Loisirs depuis septembre 2019, et il est désormais disponible en librairie depuis le 22 octobre dernier. C’est un thriller plein de rebondissements se déroulant dans la ville de Tours. Parlez-nous de ce dernier ?

Je ne peux malheureusement pas révéler ce qui a été l’élément déclencheur, l’idée à partir de laquelle j’ai commencé à écrire ce livre, parce que je serais obligée de dévoiler un élément qui est censé être une surprise (disons que c’est le grand rebondissement de la première partie).

J’ai aussi écrit ce livre pour voir si j’étais capable ou non d’écrire un polar. J’avais déjà écrit des romans (j’en ai quelques-uns dans mes tiroirs), certains tournaient autour du genre sans vraiment s’y frotter tout à fait et je ne savais pas si j’arriverais à en écrire un. Alors j’ai tenté, parallèlement à l’écriture d’un autre roman, “pour voir”.

J’ai réussi à le finir mais je ne savais pas ce qu’il valait. Je l’ai inscrit à un concours dont l’un des organisateurs a pris la peine de m’appeler pour me dire que le livre avait fini dans le trio de tête mais que la fin m’avait coûté la victoire (la fin initiale laissait trop le lecteur en suspens). Il m’a vivement conseillé de la retravailler… et voilà !

Après avoir retravaillé la fin, j’ai fortuitement découvert le site Nouvelles Plumes. L’idée de confronter ma fiction à des lecteurs lambda me séduisait, j’ai inscrit mon livre sur le site… La suite, vous la connaissez.

Il a été récompensé par les lecteurs de France Loisirs en 2019 et par sa marraine Angelina Delcroix. Toutes mes félicitations ! Racontez-nous cet exploit ?

Et bien je ne peux pas en dire grand chose ! Il faudrait demander au jury !!!

Ce qui est sûr, c’est que ça a été une aventure incroyable. J’avais complètement oublié l’existence de ce prix quand Nouvelles Plumes m’a contactée pour me faire part de la bonne nouvelle…

Ce prix vous a t-il apporté quelque chose de nouveau dans votre écriture ?

De la confiance. Écrire un livre (attention, c’est très cliché ce que je vais dire), mais écrire un livre c’est quelque chose de très solitaire. On avance, on est bloqué, on repart, on a des hauts, des bas, des moments où on écrit vite et bien, où tout se met en place avec la précision d’un puzzle, d’autres où c’est fastidieux, mauvais, où plus rien ne va… Les doutes s’accumulent, on se demande si on va y arriver, si ce qu’on a écrit est bien ou non, si c’est trop long, trop ci, trop ça…

Alors quand on reçoit un prix et plein de messages de personnes qui attendent la suite de pied ferme, ça fait vraiment du bien !

Ce prix, le fait que ce roman ait plu à autant de lecteurs, me conforte dans l’idée que je peux écrire la suite… Ou essayer (ça y est, les doutes reviennent…)

Avez-vous des projets en cours ou à venir que vous souhaiteriez partager avec nous ?

J’ai toujours quelques projets d’écriture en cours. On va dire que l’actualité du moment, c’est la suite de Tombent les rois.

Pour terminer, que souhaiteriez vous dire à vos actuels et futurs lecteurs ?

Je veux avant tout leur dire merci. Un livre existe parce qu’il est lu. Et les échanges lors des rares séances de dédicaces auxquelles j’ai pu participer (crise sanitaire en cause) sont précieux.

Julie, je vous remercie pour cet échange. Dans l’impatience de vous rencontrer prochainement, je vous souhaite une bonne continuation et prenez bien soin de vous !

Photos

Le livre

 

Tombent les rois” de Julie Bind

Nouvelles Plumes

Sortie Octobre 2020

Florian Allain

Florian Allain - Chroniqueur, interviewer, blogueur. Administrateur du groupe Facebook: "Auteurs, Blogueurs et Lecteurs: Même passion"

Cet article a 2 commentaires

  1. Julie Bind

    Un grand merci, Florian, pour cet échange et pour l’attention que vous portez aux auteur·e·s en général. À bientôt 😉

    1. Florian Allain

      Merci beaucoup à vous Julie pour le temps que vous m’avez consacré ! Bonne continuation à vous et à très bientôt.

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